| 
  Etat bucco-dentaire de la population francilienne adulte
10 Novembre 2008 - par Rémy Albet
L'Observatoire régional de santé (ORS) est un organisme d’études dont la mission générale est l’aide à la décision dans le domaine sanitaire et social. L'ORS est contrôlé par un Directoire de dix membres qui comprend en nombre égal des représentants de l'État et des représentants de la
Région Ile-de-France.
En France, on retrouve des différences de l’indice CAO entre enfants d’ouvriers et enfants de cadres. Ce sont aussi dans les catégories les plus défavorisées que l’on retrouve les personnes qui ont le plus de dents absentes. Ces différences sociales peuvent s’expliquer par des différences d’exposition aux facteurs de risque et de comportements (hygiène et alimentation), mais aussi par des disparités d’accès aux soins. Selon l’enquête “Santé et protection sociale” (ESPS), plus de la moitié des renoncements aux soins concernent les soins bucco-dentaires. La mise en place de la couverture médicale universelle (CMU) n’a pas permis de compenser les écarts de recours aux soins. Il a été observé un risque pour une dent atteinte de ne pas être obturée multiplié par 1,5 à 3 chez les bénéficiaires de la CMU complémentaire (CMU-C).
Si la région Ile-de-France se caractérise par une situation sanitaire bucco-dentaire globalement favorable, il existe de très fortes disparités sur son territoire. L’Observatoire régional de santé d’Ile-de-France, en collaboration avec l’UFR d’odontologie de Paris VII, a choisi de s’intéresser à la santé bucco-dentaire à partir des données de l’enquête décennale santé de l’Insee, en axant sa réflexion sur les inégalités sociales de santé.
L'ORS note que les caractéristiques de la santé bucco-dentaire des adultes franciliens sont celles habituellement décrites : les besoins de soins augmentent avec l’âge, les femmes consomment davantage de soins, les motifs de recours sont rarement préventifs. Les inégalités de santé dentaire et de recours suivent un gradient social : c’est dans les catégories sociales les plus modestes que l’on déclare le plus de problèmes dentaires et plus d’appareils amovibles.
Un peu plus d’un Francilien sur dix déclare un problème dentaire. L'ORS constate des besoins moins importants, des prothèses fixes plus nombreuses dans les niveaux plus élevés et relève que, dans le même temps, les consultations à visée préventive sont moins fréquentes dans les catégories les plus modestes. Ces distorsions sont amplifiées d'autre part par le fait que plus l’état bucco-dentaire est dégradé, plus l’accès aux soins est difficile voire inexistant.
Par exemple, les patients bénéficiaires de la CMUc nécessitaient encore des soins et en proportion plus importante que ceux du régime général. Si un « rattrapage » s’effectue grâce à la CMU-C, il n’en n’est pas de même sur le contenu des soins. On observe davantage d’extractions et de prothèses amovibles en relation avec un état dentaire moins bon.
L’adoption d’un comportement de suivi semble difficile et, dans le même temps, les personnes déclarent peu de conseils préventifs donnés par leur praticien. En conséquence, l'ORS propose de « réfléchir davantage à des stratégies visant à encourager des comportements de suivis réguliers et à une approche professionnelle orientée vers la prévention globale des risques de santé ».
L'étude ORS :
http://www.ors-idf.org/etudes/pdf/6pdents.pdf
|
|